À l’aise dans ta Charentaise !

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À chaque événement existentiel son confort vitale… Celui dont nous allons discuter brièvement est encore, pour la plupart, un très ancien privilège de notre culture : le repos dominicale ! Or, pour jouir d’un long et agréable dimanche pantouflard, quoi d’autre de mieux que de se saisir, au premier réflexe matinale, de sa belle et inusable paire de… Charentaise ! Si les arguments de cette décision cosmique vous ont depuis peu échappés, commençons auparavant par un petit rappel historique.

Sortez l’ancestrale frise historique du grenier de votre grand-père. Pointez votre doigt sur la fin du XVII ème siècle, à l’époque de notre bon vieux Roy Louis XIV. Ne bougez plus, vous y êtes ! C’est en effet durant ce temps que furent créer les premières charentaises : fabriquées à partir des rebuts de feutres utilisés pour les uniformes militaires (notamment les pèlerines de la Marine Royale) ou à partir des rebuts de feutres de papeterie utilisés dans l’industrie papetière localisée en Charente (d’où son nom…), ces pantoufles étaient noires, le dessus en laine et la semelle en feutre. Il n’y avait ni pied gauche, ni pied droit. Très vite, ces confortables souliers vont s’avérer très utiles dans les somptueuses demeures de notre noblesse française, et cela pour deux raisons essentielles… En premier lieu, les charentaises vont être rapidement adoptées par les valets qui remarquèrent que les semelles en feutre permettaient d’entretenir les parquets massifs: Chaussés de leurs nouvelles pantoufles, ils nettoyaient, à moindre effort, ces planchers aussi luisants que la comète de Halley (patience mes amis, elle revient en 2061…). De plus, les châtelains et leurs gourmands cousins vont insister à l’utilisation de ces charentaises afin de ne pas être dérangés par le bruit des pérégrinations, parfois nocturnes, de leurs valets. Car, en effet, la semelle en feutre permettait de se mouvoir sur le parquet avec une discrétion sans égale. C’est ainsi que les charentaises étaient autrefois appelées « les silencieuses ».

charentaise-ecossaisIl faut attendre quelques siècles plus tard pour que la véritable charentaise que nous connaissons apparaisse : en 1907, le docteur Jeva invente le collage du feutre et crée la célèbre paire de pantoufle aux couleurs vives et aux décors de type écossais. Tout au long du XX ème siècle, cette charentaise se verra chausser aux quatre coins du monde, grâce notamment à James Rondinaud.

Si cette mythique pantoufle est devenue le confiteor des oisifs anonymes, c’est qu’il faut bien lui reconnaître des « vertus » tout autant ostentatoires que dissimulées…

Tout d’abord, nul n’est sensé ignorer le précieux confort proposé par la délicate charentaise. Grâce à son feutre de laine foulé et à sa semelle intérieure, votre pied connait cette sensation constante de la plus douce des caresses plantaires ! De plus, les coutures, toujours de qualité quand on parle de charentaise « made in France », garantissent une tenue au pied des plus agréables et efficaces possibles : aucun séisme ou autre évènement climatique impromptus ne pourraient vous faire déchausser. Enfin, l’adhérence de sa semelle sur tout type de surface amicale est un avantage indispensable en cas de déplacements mouvementés et non préparés…

 Puis, qui d’autre de mieux que la charentaise pour apaiser votre regard épuisé lorsqu’il se penche sur les étranges chaussons de votre hôte ? L’esthétisme de notre célèbre pantoufle est indéniable. 616fb3_12cf2249e82342cf9cbdd60ec82bbb85Son style écossais, enrichi de couleurs diverses et variées, permet de se sentir à la fois élégant et détendu. Votre présence se fait prestement remarquer, avant d’être complètement remarquable… Mais s’il faut savoir soigner avant tout son apparence pour soi, alors une paire de charentaise vaut bien la mesure de cette ambition. D’ailleurs, la tradition du design en quadrillage écossais s’est vue accompagnée4cf556e1f8e86314b2d08cfd88bef209745a9641_Charentaises-cerf depuis quelques temps par de nouveaux motifs, conscients de devoir continuer à transmettre l’esprit multiséculaire de la charentaise. En voici deux exemples parmi d’autres…

Enfin, il ne faut pas oublier le message ponctué de politesse que diffuse le port d’une telle pantoufle presque princière : charentaise aux panards, près d’un doux canapé ou sur le chemin de retour de votre boulangerie préférée, vous déclarez, silencieusement et sans compromis, à quiconque qui croise votre destinée, que vous usez d’une paresse bien méritée pour votre journée dominicale (ou non) que notre société tente, malheureusement, à vous voler le plaisir ! Prière de ne pas déranger, sauf si c’est pour partager votre appétit de flâner…

Trêve de bavardage,  il y a des grands voyages qu’on ne fait bien qu’en charentaises…

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