Brexit : Vas-y Maggie, reprends ta livre, laisse nous nos livres

Brexit series for FT.
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Et bien voilà Margareth, tu l’as fait. Regarde-nous et notre air : on est planté comme deux ahuries, incrédules, éberluées, devant la valise que tu t’apprêtes à saisir, à deux pas de la porte que tu vas me claquer au nez.

Tu te casses, Margareth, tu retournes chez ta reine mère. C’est ainsi. Je n’y croyais pas, mais tu l’as voté. T’as dit « : it’s over ! Give my money back and look at my back. Its the last thing you’ll see ». Mesquine…

Tu rembarques ta bière tiède, tes ratiches en avant, ton thé de cinq heures, tes adolescentes grassouillettes et binge drunkées, ton teint de laitier, ta tournée du laitier, tes crackers trop secs, ton bœuf trop bouilli, ton insupportable arrogance, ton temps de pingouin…

Et pourtant Margareth, je te regrette déjà. Tu n’étais pas ma préférée, loin s’en faut. Il y a trop longtemps, toi et moi, que nous sommes chiens et chats pour qu’on se la fasse à tu et à toi. Et pourtant… Je te regrette déjà…

Parce que j’aimais ton courage, ton tweed chatoyant, ton gazon verdoyant, ton inébranlable volonté, ton flegme et ta dignité, ton rock, ta pop, Turner, Shakespeare, ta poésie, tes scarabées, Byron, tes pierres mouvantes, tes chanteuses qui meurent trop jeunes, ton auto dérision, tes petits raisins de Corinthe au chocolat et ton goût pour mon cognac des Charentes et mes pierres du Périgord… Parce que ton grand-papa et le mien ont fini par mourir côte à côte après l’avoir fait face à face…

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Mais tu pars…

T’as voté…

C’est fini.

 

« Alea jacta est » comme disait l’autre avant de franchir le Rubicon. Sauf que toi, tu ne veux plus guère franchir le Channel. Tu veux la possibilité de ton île, le regain de ton empire décliné. C’est comme ça, Margareth. Autant que Napoléon te tourne le dos sur les hauteurs de Boulogne sur Mer, tu nous montres ce que ton royaume a de plus rond (à part des tes compatriotes dès la nuit tombée) et tu tends les bras vers l’Atlantique où désormais tu navigueras en solitaire…

J’exagère ? Pas tant que cela, a priori, puisque… c’est moi ou tu hésites à franchir cette porte ? La main sur la poignée, tu n’as plus l’air si sure de toi. Tu as même l’air toute bête, Margareth. Toute effarée de ta propre décision. Mais qu’as-tu fait de ta superbe ? Tu sais, celle-là même que si souvent nous avons rêvé de te faire ravaler ?

A ta place, moi aussi j’aurais peur. L’Atlantique c’est large, tout de même. Le voyage sera long avant que tu n’arrives jusqu’à ton nouveau patron.

Alors pour te tenir compagnie dans ton périple, pour que tu penses à nous et que peut-être un jour tu nous regrettes, je t’ai concocté une liste de lectures.

Chaque ouvrage cité parle ou se déroule dans l’une des 27 villes que tu laisses derrières toi, les 27 capitales européennes qui ne seront désormais plus tes cousines ou tes frangines, mais simplement tes voisines…

 

So long Margareth…

 

PARIS : Paris est une fête – Ernest Hemingway

Un tourbillon joyeux et mélancolique de souvenirs dans le Paris des années 20, où malgré la pauvreté, le jeune Hemingway et sa première épouse ont été follement amoureux et heureux de vivre.

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BERLIN : Berlin Alexanderplatz – Alfred Döblin

La littérature frnaçaise a le Voyage au bout de la nuit de Céline, l’Allemande a Berlin Alexanderplatz de Döblin. Berlin, dans les années 1925-1930. on suit le parcours de Franz Biberkopf, sorti de prison après avoir été condamné pour le meurtre de sa maîtresse. Et l’on découvre un certain Berlin, capitale des bas-fonds, où l’on survit grâce au crime, dans une cacophonie générale, un effrayant chaos.

 

BRUXELLES : Johnny Bruxelles – Philippe Blasband

 » On l’appelait Johnny Bruxelles pas seulement parce que c’était son pseudonyme mais aussi parce qu’il était inséparable de Bruxelles, qu’il y était né, qu’il allait certainement y mourir, qu’il aimait Bruxelles, qu’il en connaissait chaque rue et, dans chaque rue, chaque maison, et que derrière chaque maison, il devinait les jardins, les cours, les arrière-cours. Il connaissait tout le monde, était connu de tout le monde, ne fût-ce que de réputation, pas toujours flatteuse, depuis les dames pipi des stations de métro jusqu’à certains ministres… « 

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ROME : Tempo di Roma– Alexandre Curvers

L’histoire d’un jeune belge arrivé dans l’après-guerre à Rome, ville dont il tombe amoureux et qui sera le cadre de la naissance d’un amour, d’une mort tragique et d’un apprentissage fascinant de la vie à travers l’observation des hommes et des existences qui se croisent dans la Ville Éternelle.

 

MADRID : Patty Diphusa, la venus des lavabos – Pedro Almodovar

Quand Almodovar écrit… Patty Diphusa est un sexe symbole, et elle le sait. Star internationale du porno, égérie d’AndyWarhol, elle passe sa vie sans dormir, à boire, se shooter et s’envoyer en l’air dans les boîtes de nuit madrilènes. On te l’a dit : quand Almodovar écrit…

 

LISBONNE : Le livre de l’intranquillité – Fernando Pesoa

Le livre de l’intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l’attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soares.
Cet ouvrage est considéré comme le chef d’œuvre (pardon Margareth, le masterpiece) du grand écrivain portugais.

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AMSTERDAM : Amsterdam Zombie – Cizia Zykë (je le sais Margareth, ne me prends pas pour la descendante d’un Gallois : Amsterdam n’est pas la capitale des Pays-Bas, mais s’il n’y avait en Europe que des villes comme La Haye, personne n’écrirait et moi aussi, je me barrerais…)
Amsterdam, pont du Shippergracht. Sous l’arche de pierre enjambant le canal, à deux pas du quartier des touristes, quelques dizaines de paumés attendent la mort à laquelle les voue l’héroïne.
Attention, gros uppercut du droit dans ta face de lectrice d’Harry Potter. Zykë, c’est un poil de moustache plus burné que JK.

 

PRAGUE : Histoires praguoises – Rainer Maria Rilke

Deux récits parmi les tout premiers textes de Rilke. Nourris d’éléments autobiographiques, ils évoquent l’atmosphère qui régnait alors à Prague, et, en particulier, l’émergence du sentiment nationaliste anti-allemand de la jeunesse tchèque.

 

BRATISLAVA : Bratislava – François Nourrissier

Les récepteurs de radio, alors appelés postes de TSF, offraient au rêve, imprimés au dos d’une vitre et plongés dans la pénombre verte où un curseur allait les débusquer, les noms d’émetteurs exotiques, de stations improbables. Mystérieusement, Bratislava attirait toujours mon regard. Si les quatre syllabes rocailleuses, baignées d’eaux danubiennes et de songes slaves, ne m’avaient pas ainsi fasciné, ce livre n’eût sans doute pas existé. Ma vie en eût été changée, comme est détourné le cours d’un ruisseau: serais-je allé là-bas, en 1947, fêter mes vingt ans ? Y serais-je retourné, la cinquantaine bien entamée, à la poursuite d’images presque effacées mais douées de la patiente insistance des songes. ou de l’oubli ? En somme, Bratislava est un exercice de mémoire.

 

VIENNE : La marche de Radetzsky – Joseph Roth

Le chef-d’œuvre de Joseph Roth. L’ouvrage relate le déclin et la chute de la monarchie austro-hongroise à travers trois générations de von Trotta. Le destin de cette famille semble indissociable de celui du dernier des Habsbourg : le premier von Trotta, surnommé le « Héros de Solferino » pour avoir, durant la bataille, sauvé la vie du jeune François-Joseph; son fils, fonctionnaire de l’Empire; son petit-fils, officier tombé au champ d’honneur en 1914.

 

 

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SOFIA : Mausolée – Rouja Lazarova

Bulgarie 1944-1990. Un demi-siècle de communisme, de peurs et de trahisons, quand se taire devient le mot d’ordre de la survie. Gaby, sa fille Rada et sa petite-fille Milena survivent. Mais elles disent aussi leur haine du régime et rient de ses absurdités. En même temps que la peur, elles se transmettent le désir de révolte.

 

NICOSIE : Citrons acides – Lawrence Durrell

Citrons acides ou la chronique du quotidien, de la vie comme elle va, à Chypre, une île chargée d’histoire, dont le présent -les années 50- annonce les convulsions de la modernité, les luttes pour l’indépendance de 1955 à 1959.

 

ZAGREB : Le serrurier de Zagreb – Daniel Depland

Décor naturel : Londres ; décor théâtral » : Zagreb. D’un côté, Nigel, ancien fossoyeur devenu garde du corps et videur dans un bordel ; de l’autre, Eva, qui dix ans auparavant a quitté Nigel, mariée depuis à Guillaume de Vairan, ancien consul de France à Zagreb nommé attaché culturel à Londres. Aux deux pôles du livre, Nigel et Eva sont semblables à deux aimants qui s’attirent irrésistiblement. Que trouve-t-on entre ces deux pôles et qu’est-ce qui va les rapprocher malgré eux ? Du côté de Nigel, le milieu interlope des maisons closes où se mêlent des dissidents yougoslaves ; du côté d’Eva, le milieu diplomatique où se mêlent les mêmes dissidents yougoslaves.

 

COPENHAGUE : Minuit à Copenhague – Dan Turèll

Un journaliste traînant son spleen dans une ville glacée, soumise aux trombes d’eau et que ses errances poussent comme par une sardonique fatalité à découvrir par trois fois les cadavres de jeunes femmes étranglées.

 

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HELSINKI : Les petits vieux d’Helsinki mènent l’enquête – Minna Lundgren

Des nonagénaires déchaînés font grincer les dents du personnel de leur maison de retraite… En plein coeur d’Helsinki, venez découvrir la résidence du Bois du Couchant… D’apparence charmante, il ne fait en réalité pas si bon finir ses jours dans cette maison de retraite où le drame ne cesse de frapper.

 

TALLINN : Purge – Sofi Oksanen

En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes.
Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison. Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte.
Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l’occupation soviétique. PRIX DU ROMAN FNAC 2010

 

BUDAPEST : Sombre dimanche – Alice Zeniter

La vie d’une famille hongroise à Budapest, de 1978 à nos jours. Les Mandy habitent la même maison de génération en génération, et tous travaillent à la gare centrale. A la chute du mur, le jeune Imre arrête ses études pour travailler dans un sex-shop. Il rencontre une Allemande, incarnation du mythe de l’Ouest libre et heureux.

 

DUBLIN : Les gens de Dublin – James Joyce

(Bien sûr, Margareth, que tu connais ce monument. Mais il n’y a pas que toi dans la vie…)

Après la publication en 1907 de poésies de jeunesse, James Joyce publie en 1914 un recueil de quinze nouvelles commencé dès 1902. Joyce y décrit, avec un sens profond de l’observation, les moeurs de la bourgeoisie irlandaise, l’atmosphère trouble et le destin tragique de la société de l’époque. Une plongée dans «ce cher et malpropre Dublin» que l’auteur aimait tant.

 

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VILNIUS : Vilnius Poker – Ricardas Gavelis

Vytautas Vargalys est coincé dans un emploi absurde, contraint à créer un catalogue numérique pour l’une des bibliothèques de Vilnius contrôlé par les Russes, à laquelle personne n’a accès.
Survivant des camps de travail, Vargalys est obsédé par « ce qui se passe » réellement sous la surface de Vilnius. Alors qu’il commence à perdre ses derniers repères, il découvre qu’Ils ont repris le contrôle. Ils sont des démons ayant pris forme humaine. Ils sont déterminés à voler toutes les âmes et à foutre la merde dans le monde. Vargalys commence à trouver des preuves de Leur existence partout où il regarde : dans les livres, dans la mort de son meilleur ami et dans les très jolies femmes envoyées pour travailler avec lui à la bibliothèque.

 

ATHÈNES : Le Che s’est suicidé – Petros Markaris

Un célèbre homme d’affaires se donne la mort à l’antenne, en direct, d’une balle dans la bouche. C’est un choc terrible pour les Athéniens, mais une aubaine pour le commissaire Charitos, qui en profite pour échapper à une ennuyeuse convalescence. Peu après, un député et un journaliste se suicident à leur tour sous les yeux des téléspectateurs… A quelques semaines des Jeux Olympiques, les autorités paniquent… et Charitos reprend du service.

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LA VALETTE : Amalia Albanesi – Sylvie Tanette

De Bari à Istanbul, de Malte au Liban, d’Alexandrie à Marseille, Amalia Albanesi est la saga d’une famille sur quatre générations. Une lignée de femmes exceptionnelles ballotées d’un bord à l’autre de la Méditerranée au gré d’histoires d’amour passionnelles et des désordres de l’Histoire, de la révolution bolchévique à la guerre d’Espagne.

 

VARSOVIE : Les impliqués – Zygmunt Miloszewski

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Sazcki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances.

 

RIGA : Les chiens de Riga – Henning Mankell

Février 1991. Un canot pneumatique s’échoue sur une plage de Scanie. Il contient les corps de deux hommes exécutés d’une balle dans le cœur. L’origine du canot est vite établie: de fabrication yougoslave à l’usage des Soviétiques et de leurs pays satellites. Les corps sont identifiés: des criminels lettons d’origine russe liés à la mafia. Un policier de Riga est appelé en renfort à Ystad.

 

BUCAREST : Oublier Bucarest – Victor I. Stoichita

Bucarest, 1956. Le narrateur a sept ans, et sa famille – une lignée de médecins-chercheurs et artistes, éprouvée par les expropriations et les emprisonnements arbitraires – est réunie pour fêter la libération du grand-père et de l’oncle. En grandissant, il se passionne pour la littérature et l’histoire ; le régime roumain se détend, les jeunes s’entichent des Beatles tout en bûchant leurs examens en faculté. A l’issue de la première année universitaire, une lueur d’espoir : quelques bourses sont proposées pour l’étranger, mais la fin brutale du Printemps de Prague rend tout rêve incertain.

 

STOCKHOLM : Stockholm noir : l’argent facile – Jens Lapidus

C’est une ville qui n’a rien du circuit touristique, une ville occulte, la face cachée du rêve nordique. Prostitution, narcotrafic, crime organisé : sous les eaux calmes de la capitale suédoise, les gros poissons mangent les petits, prêts à tout pour s’imposer. Le nerf de la guerre ? La cocaïne. Voici Stockholm la noire, où la Blanche règne en maître…

 

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LJUBLJANA : L’été slovène – Clément Benech

« Tu te souviens pourquoi on est venus en Slovénie, pourquoi on a décidé de faire ce voyage ensemble ? Oui, je me souvenais. Je consentis donc à faire l’amour, ce que je n’ai pas regretté. » Cet été-là, il part avec Éléna en Slovénie, pour changer d’air. Mais très vite, tout vient contrarier l’intimité du jeune couple (…) Dès lors, ce périple chaotique semble déteindre sur leur relation au point qu’ils finissent par ressembler, l’un pour l’autre, au pays qu’ils traversent : aussi familier que mystérieux, aussi énervant qu’attendrissant.

 

LUXEMBOURG : Docteur Mabuse, le joueur – Norbert Jacques

Les lois morales de la vermine… Ha ha ha !… Elles ne comp­taient pas pour un cerveau comme le sien. De tels cerveaux avaient le droit d’édicter leurs propres lois ! Mabuse avait toujours défendu ce point de vue, avait toujours agi selon ce principe et s’était amusé à diriger les forces du Mal… »

Tu as connu le Mabuse de cinéma de Fritz Lang, découvre celui dont il est adapté : le Mabuse du romancier luxembourgeois Norbert Jacques.

 

Allez ! Faut y aller, maintenant. So long, Margareth. So long.

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