FUSION FESTIVAL… NO/FLASH/ONLY/SOUND/AND/SOUVENIRS

Hey Poto(esse) Welcome to le FUSION FESTIVAL,

Comme tu pourras le lire dans les lignes qui suivent, au FUSION les journalistes sont interdit. Résultat on a parachuté sur le site un envoyé spécial hors paire… Mr D. Un mélomane au jeux de jambes irrésistible, capable de tenir le rythme sans faillir.

En mode vol long courrier, il a fait escale sur chacune des scènes qui composent la planisphère du Fusion festival.

On vient de recevoir son analyse chaude comme un bretzel craquant, fondant. Tu l’aura compris, pas de photo mais en guise d’image une carte postale sonore.

Il a sélectionné pour nous 20 titres aussi éclectiques qu’explosifs. Ne tremble pas même si ça secoue, laisse agir la pastille.

Bon voyage

 

86531108-630x420  Quelque part sur le périph de Berlin, lundi 04 juillet, fin d’après-midi. Mon esprit divague encore, les yeux rivés sur les majestueux nuages blancs qui dominent le ciel unique est-allemand, tandis que mon corps subit malgré lui sa mauvaise posture dans une voiture trop petite pour tous nos rêves encore bien trop grands.

Physiquement parlant, une semaine de voyage, cinq jours de festival. Spirituellement, peut-être un an, ou plus, en fait on ne sait plus trop. Un voyage dans l’au-delà, en dehors de la société, loin des frontières spatio-temporelles. Une foule d’images, de sons, de visages circulent encore et encore dans ma tête. Beaucoup de choses vécues en peu de temps, comme tous les grands festivals j’imagine.

Alors que retenir ? Que dire de plus de ce qui a déjà été dit, ou plutôt de ce que les autres attendent que tu dises ? Qu’est-ce qui différencie le Fusion des autres grands festivals ? A part le fait que je fasse du culturocentrisme, en affirmant que seuls les festivals auquel je participe sont biens (ce qui est vrai d’ailleurs… 😉 ), je dirais que ce festival a quelque chose de mystique, quasiment de sectaire, et qui lui donne une dimension beaucoup plus profonde. Puisque le Fusion, comme la culture techno en Allemagne en général, ça se raconte pas, ça se vit, ou plutôt ça se sent. Une sorte de religion, qui ne se dévoile pas à qui ne veut pas la connaître, et qui ne s’impose pas. Et, en y réfléchissant, nous avions, je crois, participé à l’un des plus grand rites de de l’année. Ça ne laissait pas indifférent.

 

Le Фузион (Fusion écrit en russe) accueille chaque année 70 000 personnes tirées au sort parmi les centaines de milliers de pratiquants, qui se réunissent sur un ancien aéroport militaire russe à Lärz (130 km au nord de Berlin). Un site symbolique de l’ex RDA et donc de l’histoire récente de l’Allemagne et plus particulièrement de Berlin, dont la vie nocturne et le développement de sa musique electro d’après 1989 doit beaucoup. Le terme fusion d’ailleurs rappelle étrangement la notion de réunification, une sorte de point originel. Quand Eve rencontra Adam. Nombreux sont les fidèles originaires de la capitale. D’autres ont fait le pèlerinage de plus loin, Hambourg, Hanovre, Leipzig, voire Cologne, Düsseldorf. Certains viennent d’au-delà des frontières nationales, souvent ayant un lien personnel avec l’Allemagne. Ce pays à l’histoire lourde, où les premiers sons de cette musique sont sortis du fond des entrailles de sa capitale, là où les premiers jalons ont été posés, sur des ruines. Là où le phoenix est de nouveau né.

Le Festival semble avoir quelque chose d’unique car à mon avis, tout proche de l’épicentre de cette culture, d’abord spatialement mais je dirais surtout temporellement ; une sorte de poche créée dans les années 90 et restée comme telle, comme au début de l’implosion. 7042babf586bd7269011547edf3679c8Et cette impression se confirme par des faits plutôt concret : les journalistes ne sont pas invités, les caméras et micros sont déposés à l’entrée. A ma connaissance pas de reportage ou d’articles conséquents, encore moins en français. Pas d’aftermovie non plus trop hype filmé en drone avec des blondes seins à l’air dansant sur du Robin Schulz. Pas d’événements facebook où tu peux montrer à tout le monde que t’es trop cool, en cliquant sur participer. Pas de pub. Une line up qui sort deux ou trois jours avant, et encore pas pour toutes les scènes. Juste un site web officiel avec toutes les infos pratiques et les bilans des éditions précédentes (dix-neuf). Et enfin, et peut-être surtout : pas de police. Je n’ai vu par ailleurs qu’une fois un camion de pompier à l’intérieur des enceintes (blague à part). Pour les urgences (très rares) une armada de voitures déglinguées sans plaque d’immatriculation, toutes décorées maison et taguées du gros ACAB, se frayant un chemin à grand coup de klaxon. Un événement donc entièrement coupé de la société extérieure. Un événement sacré, ouvert seulement à ceux dont la musique techno pénètre l’âme…

C’est avec ces pensées qui défilent dans mon esprit perdu dans des contrées imaginaires, et qui a du mal à redescendre sur terre, que je vous fais part d’un tout petit bout musical de ce festival mythique, dans tous les sens du terme donc. Une playlist éclectique, car le Fusion ce n’est pas que la techno. Puisque cette musique est la petite fille de tous les genres, la dernière branche de l’arbre généalogique, un événement tel ne peut renier les grands frères, et donc ne peut jouer que dans la diversité. Et attention, pas la petite diversité qu’on essaye de te vendre avec la paire de bout de caisse dans le petit festival d’à

   Oui Mr D, a un peu triché, mais c'est pour tes mirettes

Oui Mr D, a un peu triché, mais c’est pour tes mirettes

côté de chez toi. Deux-milles artistes, répartis sur plus de vingt scènes, sans compter celles qui ne sont pas sur le plan officiel. Alors laisse toi aller. Enracine ton âme dans les profondeurs de la dub à la Bassline Circus, laisse la virevolter sur la drum and bass psyché de la Tubebühne, après avoir voyagé dans les méandres de la psytrance goa au Trancefloor. On aura aussi entendu tout un régiment de styles divers et variés : Hardcore, reggaetek, Electroswing, Trap, Ska, Rock, Blues, Jazz, Funk, Brassband, et bien d’autres que je ne connaissais pas vraiment. Et naturellement je n’essayerai pas de faire l’inventaire de toutes les nuances de la musique techno et de la house qui à cet événement spécial se mettent entièrement à nu et se réinventent en même temps. On ne parle ici que musique, mais on aura participé aussi à de nombreux spectacles visuels mobiles ou non qui, ajoutés à une déco hypertravaillée produisent un décor unique, onirique, tout le long de la transe spirituelle. Ça a changé un homme, un instant au moins. Alors on la met à fond dans la caisse et on s’envole, loin du périph’, une dernière fois vers les cieux, dire adieu et à l’année prochaine* aux divinités de la techno et de sa communauté.

Mr D.

*Dans deux ans en fait, l’année prochaine la société Kulturosmos Müritz e. V., organisatrice du festival, marquera une pause.


FREE JUKEBOX FROM FUSION FESTIVAL 2016

 

PLEIN LES ZOREILLES

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