LAPECHE / NUITS.SONORES

Trois mois que j’attendais le retour de ce rafiot. Pour la première fois, le capitaine m’avait embauché. J’étais prêt. J’avais les quelques poils de barbe qu’il fallait et une confiance en mon foie, tout neuf, quasi indéboulonnable. J’allais voir du pays, on m’appellerait « Moussaillon ». Enfin « l’Asticot », mais juste au début.

Première cuite à bord et je passe par dessus. Pas une tête de lard pour m’entendre beugler.
J ai nagé jusqu’au bout de mes force. Puis mes mains ont senti le sable, il faisait chaud. Lorsque j’ai ouvert les yeux, il y avait un cheval, des champs de sel et un radeau abandonné.

Je glisse maintenant depuis plusieurs semaines et une nouvelle ville se dessine. Aux cîmes, brille la Madone. Au loin, j’entends des tambours et des cris d’amour. J’oublie le port de Rotterdam et mes camarades.

J’accoste. le sol vibre… J’embarque.

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