Le 11 de ligue 1 interdit au moins de 18…

Foot

Le monde du football n’est pas un domaine où la littérature classique a une grande place, que ce soit dans les tribunes, dans les vestiaires ou encore sur les pelouses. Les Alexandrins ou autre « tirade du nez » sont souvent relégués sur le banc des remplaçants et laissent place à un langage champêtre où les mamans, la communauté gay et les bijoux de famille sont des thèmes récurrents.

Les joueurs composant cette équipe plutôt bien membrée, ont dû affronter tout au long de leur carrière les jeux de mots douteux et les quolibets du public. Certains l’ont assumé d’autres un peu moins, mais lorsque l’on s’intéresse un peu à leur parcours ce ne sont pas les anecdotes qui manquent.

En cette fin de saison, nous voyons fleurir un peu partout des équipes types de la saison, BigNoze vous propose l’équipe qui jouerait seulement le premier samedi du mois sur Canal+.

FC Marc Dorcel

Le Gardien de but:

L'incroyable Huc

L’incroyable Huc …

Robin Huc: Beaucoup voyait en lui un futur grand gardien, promis à une belle carrière, mais lorsqu’on fait le bilan, les 14 années professionnelles du joueur formé à Montpellier, laissent un goût d’inachevé. Après une finale de coupe Gambardella en 1984 avec l’équipe pailladine, il commence sa carrière comme doublure de Dominique Deplagne. Insatisfait de sa situation et nourrissant de plus grandes ambitions, il s’envole pour Toulouse. En 1988, il devient titulaire dans les cages violettes pendant trois saisons dans une équipe toulousaine  qui joue le maintien.

En septembre 1991, il se blesse face à Nancy et laisse sa place sur le terrain non pas au deuxième, mais au troisième gardien de l’équipe, un certain Fabien Barthez, qui s’envolera vers le destin que l’on connaît en reléguant Robin Huc sur le banc des remplaçants.

Il rebondit ensuite à Saint Etienne, et comme à Toulouse, il commence en tant que doublure pour ensuite prendre le pouvoir lors de la saison 1994-1995. Après une douzaine de matchs, il se blesse et Jacques Santini décide de l’écarter afin de laisser sa place à un jeune formé au club: Grégory Coupet.

Il terminera sa carrière à Nice, mais ne sera plus jamais gardien numéro 1, la légende dit qu’il craignait qu’Hugo Lloris, âgé de 10 ans à l’époque, prenne sa place.

Les défenseurs:

Sassus, où l'amour des pipettes

Sassus, où l’amour des pipettes

Jean-Luc Sassus: Disparu ce weekend d’une crise cardiaque à l’âge de 52 ans, Jean-Luc Sassus est la pièce maîtresse de cette équipe grâce à son patronyme bien sûr, mais aussi grâce son parcours atypique. Capitaine emblématique de ce onze, le joueur natif de Tarbes commence sa carrière professionnelle à Toulouse tout en continuant des études supérieures dans le domaine de la chimie, dont il sera diplômé en 1985.

Il signe ensuite à Cannes où sa rapidité et son intelligence de jeu font merveille, treize buts plus tard, il rejoint le Paris Saint-Germain avec lequel il gagnera un titre de champion de France et une Coupe de France. C’est sous les couleurs parisiennes qu’il obtient sa première et unique sélection en Equipe de France contre l’Autriche le 12 octobre 1992.

Maintenant joueur d’expérience et repositionné latéral gauche, il rejoint deux plus tard, l’Olympique Lyonnais qui depuis sa remontée en première division ne cesse de grandir et retrouve la joie des joutes européennes. Son passage dans la capitale des Gaules restera marqué par l’agression du fantasque Pascal Olmeta, dans les couloirs de Gerland, qui l’envoya aux urgences avec un nez fracturé. A la suite de cette histoire, le gardien de but corse sera licencié par Jean-Michel Aulas et l’on apprendra plus tard que c’est une assistante de Philippe Risoli au « Juste Prix » qui est à l’origine de l’embrouille.

Sassus termine sa carrière chez les Verts avant de devenir agent de joueur, tout en s’engageant dans des associations venant en aide aux enfants.

Franck Queudrue: Formé au Racing Club de Lens, c’est en Angleterre qu’il se fait un nom. Avec Middlesbrough, il gagne la Coupe de la Ligue anglaise en 2004 et participe à l’épopée de « Boro » en coupe de l’UEFA en 2006 . Au côté de Mark Viduka ou encore de Lee Cattermole, Queudrue perdra en finale contre le FC Séville, 4 buts à zéro.

Après un passage par Fulham et Birmingham City, il revient dans son club formateur au crépuscule de sa carrière et ne pourra empêcher la relégation du club artésien en Ligue 2. Malgré une belle carrière outre manche, Franck Queudrue reste dans les annales du foot français, grâce à son but d’anthologie, contre son camp, face à Bastia. La vie est dure avec Queudrue …

 

Lindsay voit loin

Lindsay voit loin

Lindsay Rose: Avec un nom comme ça, il aurait pu faire carrière dans le X, mais Lindsay s’épanouit sur les terrains de Ligue 1. Formé au Stade rennais, il débute en ligue 2 au Stade lavallois où il effectue sa première apparition le 9 avril 2010 contre Châteauroux.

Déçu par un transfert avorté à Lorient, il entame la saison 2012-2013 avec l’envie de partir au plus vite de Laval. Pour se faire, il prend comme agent une femme, la seule dans le football français, Daphnée Bravard. Il est transféré à la trêve hivernale à Valenciennes, ou il est titularisé pour la première contre Lyon, lors de la 22e journée de championnat.

Transféré un peu à la surprise générale à l’Olympique Lyonnais lors de l’été 2014, il commence la saison en tant que titulaire mais, le mois d’août catastrophique de l’équipe le relègue sur le banc des remplaçants, jusqu’à la blessure de Milan Bisevac. Malgré une saison en demi-teinte, il participe activement à la belle saison des Lyonnais en championnat, qui finissent dauphins du PSG.

Rocco était lyonnais

Rocco était lyonnais.

René Rocco: Né le 3 novembre 1938 près de Venise, il a porté les couleurs de Valenciennes, Roubaix et Besançon durant les années 50 et 60. Mais c’est sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais qu’il vit les plus belles heures de sa carrière. En 1967, il participe à la victoire de l’équipe en Coupe de France grâce à une victoire 3 buts à 1 contre le FC Sochaux. Au côté de Fleury Di Nallo, un autre illustre franco-italien, il vit une demi-finale plutôt indécises contre Angoulême, puisque après trois matchs nuls, la victoire se joue à la pièce, à l’époque les tirs aux buts n’existaient pas.

La saison suivante, il participe à la Coupe des Coupes avec l’OL et arrive en quart de finale en éliminant Tottenham qui dominait alors le championnat anglais avec le légendaire Jimmy Greaves (meilleur buteur de tous les temps du championnat avec 357 buts).

Même si un demi-siècle les sépare, Lindsay Rose et René Rocco étaient fait pour s’entendre sous les couleurs lyonnaises ou sur les tournages de films X.

Les milieux de terrrain:

 Nenad Grozdic: Même si la prononciation à la mode serbe ne prête pas à la rigolade, si notre ami Nenad avait été breton, il aurait surement détrôné Jean-Luc Sassus. Milieu de terrain de poche, il commence sa carrière en Serbie où il gagne le championnat en 1998 avec l’Obilic Belgrade. Une performance pour le troisième club de la capitale qui est à ce jour, la seul équipe avoir osé contesté l’hégémonie de l’Etoile Rouge et du Partizan, depuis l’équipe enchaîne les relégations.

Il commence son tour d’Europe par les Pays-Bas, puis pose ses valises durant une saison à Lens, lors de la saison 2000-2001. Le temps pour lui de disputer une dizaine de matchs avec les Sang et Or, il s’envole pour la deuxième division espagnole. Avec le Racing de Ferrol, il marque un but « maradonesque » qui lui vaudra de faire la Une des journaux télévisés régionaux. Le temps de faire admirer sa maîtrise la langue de Cervantes, il revient à l’Obilic, la saison suivante pour aider le club en difficulté. Il reprendra son « road-trip » européen en passant par la Turquie et finira sa carrière en Autriche.

Georges Lech: Fils de mineur, il est repéré très rapidement par les recruteurs du RC Lens, il fait son premier match en D1 face à l’Olympique de Marseille le 10 octobre 1962 à l’âge de 17 ans. Précoce et doué d’une technique très au-dessus de la moyenne, il fait partie d’un trio d’attaque mythique pour les supporters lensois. Avec Oudjani et Wisniewcki, ils enfilent les buts comme des perles et aujourd’hui encore, ils restent les trois meilleurs buteurs de l’histoire du club nordiste.

Un an après son premier match professionnel, il devient international français lors d’un match contre la Bulgarie. Pendant une décennie, il sera un des piliers de l’équipe de France (35 sélections et 7 buts) et sera capitaine une fois. Il aura l’honneur de participer à la Coupe du Monde 1966 en Angleterre.

Lorsque Lens descend en deuxième division, il part pour le FC Sochaux où il connaît la même réussite personnel sans toutefois gagner un titre à l’échelon national. Il sera contraint de finir sa carrière prématurément à cause d’une blessure au genou mal soignée. Que ce soit à Lens, Sochaux ou Reims, il a marqué les esprits des gens par la grâce avec laquelle il évoluait sur le terrain. Il prend sa retraite sportive avec la bagatelle de 131 buts en championnat à son compteur.

Dans une interview donnée bien plus tard, il expliquera que sa plus grande fierté est d’avoir sorti son père de l’enfer des mines.

L'équipe du Havre 1950-1951

L’équipe du Havre 1950-1951.

Jean Palluch: Né en Pologne en 1923, il est le prototype du joueur polyvalent. Au cours de sa longue carrière, il a évolué à tous les postes grâce à un jeu basé sur la puissance physique, ce qui pour l’époque n’était pas très courant. Il est membre de l’équipe du Stade de Reims qui remporte pour la première fois de son histoire le titre de Champion de France lors de la saison 1948-1949.  Après avoir participé au Jeux Olympiques de Londres et une saison au Havre durant laquelle il passe tout près du titre de Champion de France. Il évolue 4 saisons d’affilé en deuxième division, avant de revenir au plus haut niveau en signant à l’OM.

Ces cinq années en Provence feront de lui un joueur de devoir et il sera notamment le héros de la demi-finale de Coupe de France 1954, lorsqu’il met le but de la victoire face à Sedan.

René Hanus: Ce milieu droit est à l’apogée de sa carrière de footballeur au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Né en 1919, il jouera trois saisons à l’AS Saint-Etienne lors desquelles il marquera 8 buts en 23 matchs, ce qui est plutôt pas mal pour un milieu de terrain. Ensuite, il continuera sa carrière en deuxième division à Alès notamment.

Les attaquants:

Georges Dard: Pur marseillais, c’est un joueur emblématique de l’OM des années 30 à 50. Lors des quinze années passées sous les couleurs marseillaises, il marqua 106 buts ce qui fait de lui le sixième meilleur marqueur de l’histoire du club. Avec Georges Dard dans leurs rangs, les Phocéens gagneront deux titres de champions de France (1937 et 1948) et une coupe de France (1943), il fut d’ailleurs buteur lors de la finale.

Malgré sa fidélité à l’Olympique de Marseille, il décide en 1948 de quitter la France et de tenter l’aventure à l’étranger. Pendant une saison, il évoluera au FC Séville, club avec lequel il sera deuxième du championnat d’Espagne et montrera la voie à un certain Raymond Kopa.

 

La nouvelle devise de Malherbe "Droit au pute"

La nouvelle devise de Malherbe « Droit au putes »

Alain Vandeputte: C’est l’histoire d’un jeune espoir du football français qui n’a jamais percé au plus haut niveau. Originaire de la région parisienne, il débute au Stade Malherbe de Caen à 19 ans, en Nationale lors de la saison 1982-1983. Dès sa première saison, il finit meilleur buteur du club et remonte avec le club normand en deuxième division. Dès lors, plusieurs clubs de l’élite s’intéressent à lui et c’est le LOSC qui remporte la mise. L’aventure lilloise dura l’espace de quatre matchs et il sera prêté dès sa deuxième année de contrat à Caen.

De retour dans le club de ses débuts, il entamera une carrière honorable de joueur de deuxième division en sillonnant la France avec Bourges, Istres ou Nîmes.

Le Coach:

Malgré le talent et l’expérience de cette équipe, il lui faut un entraîneur capable de gérer les égo et faire que les tous les joueurs tirent dans le même sens. Qui mieux qu’un coach tchèque, pays dans

Ivan sait comment motiver ces troupes...

Ivan sait comment motiver ces troupes…

lequel l’industrie du film x est plus que fleurissante, pour mener ce onze à la victoire.

Joueur emblématique de la Tchéchoslovaquie dans les années 90 puis en France au RC Strasbourg notamment, Ivan Hasek a connu la même réussite en tant qu’entraîneur avec l’équipe alsacienne mais aussi avec le Slavia Prague, avec lequel il gagna deux fois le championnat tchèque. Il revient en France en 2006 pour entraîner l’AS Saint-Etienne, après avoir vu si le gazon était aussi vert au Japon ou aux Emirats Arabes Unis. Son expérience le mène jusqu’à la présidence de la Fédération Tchèque de Football en 2009. Depuis l’équipe nationale enchaîne les succès, enfin presque …

Le Prez:

Plus que pour le trait d’humour, c’est avant tout pour rendre hommage à ce visionnaire,  que l’on confie les rênes de ce club à Claude Bez. Venant du monde de l’expertise-comptable, il prend les commandes des Girondins de Bordeaux au début de la saison 1978-79, dans une situation très délicate. Il considère Alain Giresse comme son fils et construit autour de lui, une équipe compétitive en profitant de la descente combiné les deux olympiques (lyonnais et Marseille) en deuxième division, pour faire venir Jean Tigana, Bernard Lacombe ou encore Marius Trésor. En imposant son 4-4-2 et en s’appuyant sur des joueurs de devoirs tels que Raymond Domenech ou René Girard, il permet aux individualités de s’exprimer dans un collectif solide.

Durant les années de Bez, Bordeaux gagnera trois championnats, deux coupes de France et sera demi-finaliste de la Ligue des Champions. L’arrivée de Bernard Tapie à la tête de l’OM, mettra un terme à l’hégémonie bordelaise et les échanges houleux par presse interposée entre les deux hommes restera dans les mémoires. Tout comme l’épisode de la Cadillac marine et blanc du président Bordelais, qui défila un jour sur la Canebière et rentra dans le stade Vélodrome pour narguer les marseillais.

A sa mort, le monde du football, y compris Tapie, lui rend un vibrant hommage. Bez laisse derrière lui un club orphelin mais nous a laissé en héritage une nouvelle vision de la gestion des droits de diffusion audiovisuels, qui révolutionnera le financement des clubs professionnels.

A moins qu’Alain Sars arbitre et oublie à chaque match 4 pénaltys, cette équipe de ligue 1 interdite au mineur, a plutôt fière allure et mérite surtout le respect par rapport au destin de ces hommes, qui a leur manière ont marqués l’histoire de notre championnat.

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