Scénario et dialogues : Jacques Prévert

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Le 4 février, ce sera le 115ème anniversaire de Jacques Prévert. Et s’il est déjà parti depuis 1977 (t’as quand même pas cru qu’il avait pas encore cassé son clope !), il est temps pour lui de rentrer au Panthéon Bignoze.

Oh, ça lui ferait sans doute bien chier de rejoindre un panthéon. Aussi cool celui de Bignoze soit-il, les institutions c’était pas trop sa tasse de vin. Mais c’est plus fort que nous. Prévert ça sonne dans nos oreilles comme les plus beaux films du cinéma français et comme l’un des artistes les plus touchants du siècle dernier.

On se souvient de ses poèmes qu’on apprenait à l’école, de ses célèbres chansons qu’il nous a laissées, et puis il y a eu ces films, une quarantaine, dont il a écrit les scénarios.  Une quarantaine de pépites, des milliers de dialogues aussi savoureux que mordants, aussi joueurs qu’émouvants. Des histoires modernes, populaires, remuantes, sincères. Des personnages sur mesure, modestes, drôles, résistants, élégants, qui n’aspirent, comme leur créateur et contre les forces contraires de leurs temps, qu’à être libres. Car s’il y avait eut un homme du XXè siècle qui aurait pu se dire libre, ç’aurait sans doute été lui.

Ah Jacquot, qu’est-ce qu’on aurait aimé s’asseoir à ta table et descendre une bouteille avec toi…

On n’a pas eu cette chance mais on a tout le reste, tout ton héritage. Alors on se console en rematant les chefs d’œuvre que t’as écrits. Ce réalisme poétique que tu appelais fantastique du réel et qui fait tellement défaut au cinéma d’aujourd’hui.

On commence par le plus grand, pour les fainéants qui n’iront pas au bout de l’article. Les Enfants du Paradis de Marcel Carné. Si tu l’as pas vu et que tu prétends kiffer le cinéma, t’es un imposteur. Ce film là c’est plus qu’un chef d’œuvre, c’est l’allégorie du Spectacle. Et s’il est si réussi c’est sans doute parce qu’il a été crée par une bande de potes. Prévert au scénario et aux dialogues, Joseph Kosma à la musique, Alexander Trauner aux décors, Mayo aux costumes et Carné en chef d’orchestre. Ce film c’est de l’or. De l’émotion en barre.

Le Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir, au scénario incroyablement moderne et courageux où l’on explore la vie d’une entreprise en autogestion et où l’on nous explique pourquoi un jeune homme qui a tué son patron n’a rien d’un coupable.

Le Jour se lève de Marcel Carné, avec Jean Gabin au sommet de son art. Une oeuvre populaire et grandiose, avec un monologue de fin à vous coller des frissons pour le restant de vos jours.

Drôle de drame de Marcel Carné avec les grands Louis Jouvet et Michel Simon. « Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre ? ». Film à l’humour poétique remarquable.

Et bien-sûr, Le Roi et l’Oiseau de son fidèle ami Paul Grimault dont voici 5 bonnes raisons de (re)regarder ce magnifique film d’animation.

Prévert a marqué le cinoche de son empreinte unique et pas seulement. Pour les plus curieux, on recommande de lire sa passionnante biographie écrite par Yves Courrière et éditée par Gallimard.

Et en bonus, un autre poète qui nous a fait voyagé et qui lui rend hommage.

Aux grands homme, la poésie reconnaissante.

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