Un petit tour par SEries Mania !

La semaine dernière c’était le très attendu Séries Mania au forum des Images à Paris. L’occasion pour nous d’y pointer notre Big Noze !

Au menu, une soixantaine de séries, 21 pays représentés, un fil rouge sur la place de la femme dans les séries, 3 jours consacrés aux professionnels de la coproduction internationale, des compétitions, des rencontres prestigieuses, des avant-premières, des rumeurs, des découvertes, des déceptions, des surprises, bref, tout plein de choses passionnantes et comme on n’a pas pu aller partout, voilà l’essentiel de ce qu’on a reniflé :

CE QUE BIG NOZE A LE PLUS KIFFE :

LES DANOIS !

Ils ne sont pas encore enterrés, loin de là. Ils sont toujours au top et continuent de nous surprendre. D’autant plus qu’ils ne changent pas la recette que la plupart des autres pays européens continuent de bouder. TRUST. La confiance, le crédo répété de Piv Bernth, la directrice de la fiction de DR, la principale chaîne danoise qui est aussi celle du service publique. Aux antipodes de chez nous, elle a brillamment exposé la méthode danoise : la confiance absolue en l’auteur et sa vision (= la ONE VISION), les clés du camion données au producteur libre de choisir ses équipes et sa méthode de travail, et enfin un clair positionnement de la chaîne dont l’unique mission est celle que devrait avoir tout service public : traiter des sujets courageux en profondeur, prendre des risques et bousculer, car après tout, et rappelons-le au moment où France TV a chopé une nouvelle tête, qui dit service publique dit aucune obligation d’audience !

Bref, on a kiffé Piv, et le nouveau bébé de DR donc, FOLLOW THE MONEY, un thriller sur le monde de la finance, des grands groupes industriels, de la corruption et de tout ce qui n’est habituellement pas très appétissant en fiction. Mais une fois encore, cette série écrite par un des créateurs de Borgen, Jeppe Gjervig Gram, surprend par son élégance et sa subtilité. Soucieux de donner aux personnages une épaisseur et à la narration un rythme électrisant, Follow the Money se construit autour de points de vue multiples et captivants qui donnent une allure bien moderne à ce nouveau drama qui s’annonce comme un beau succès à venir. D’ailleurs le titre sonnera dans les têtes des fans de The Wire  comme un avertissement de bon augure !

CE QUE BIG NOZE A LE MOINS KIFFE :

LE DÉBUT DU BUREAU DES LÉGENDES

Une fois encore on est abattus au sortir de l’avant-première de la nouvelle création originale de Canal +, le Bureau des Légendes. On se disait que cette fois-ci Canal allait assurer, qu’on allait enfin voir une série moderne dans son écriture et sa fabrication, Eric Rochant s’annonçant showrunner inspiré des méthodes américaines, de la writers’ room and everything else. Mais une fois encore on a été déçus. Rien n’est bon dans ces deux premiers épisodes. L’écriture est retenue, répétitive, convenue. Tout n’est qu’exposition de l’arène de la série, ce bureau des services secrets français qui crée et gère les fausses identités des espions tricolores. Les personnages n’ont pour l’instant aucun relief, les mystères sont attendus et peu intéressants, la portée politique complètement nulle, le réalisme utilisé à mauvais escient et la réalisation (comme on le craignait) manque d’identité et de caractère. En clair, c’est très décevant et on craint beaucoup pour la suite. Si la démarche et les nouvelles méthodes d’Eric Rochant font plaisir à voir en France, on est obligés de s’interroger sur la force du propos de cette série, sur son vrai potentiel artistique, sur la qualité et la pertinence de la « One Vision » qui la guide. Et on ne peut s’empêcher de soulever un paradoxe bien français, aussi absurde qu’agaçant : alors que la mission première d’un showrunner, scénariste de profession, est de gérer l’écriture d’une série longue grâce au talent et sa maîtrise d’écrivain, pourquoi nomme-t-on à ce poste des réalisateurs ?

Bon, on digère la déception, on se force à y croire pour la première saison et on vous laisse juger vous-même !

 

 

A noter dans le palmarès de ce très bon festival, la série allemande Deutschland 83, élue meilleure série par le jury des bloggeurs, qui raconte le parcours d’un espion de l’Allemagne de l’Est envoyé à l’Ouest ; l’actrice française Alix Poisson récompensée pour son rôle dans Disparue, qui vient tout juste de commencer sur France 2 ; et la très prometteuse série israélienne False Flag, elle aussi dans les coulisses de l’espionnage international, mais avec des couilles et du panache celle-là !

1 Comment

  • Anthony dit :

    Merci pour ce voyage a serie mania. Par rapport au paradoxe, je suis presque d’accord avec toi, mais presque : )
    Un scénariste réalisateur et vice et versa….. autrement dit un cinéaste. Parce que si Rochant n’est pas un scénariste on ne peut pas vraiment dire non plus qu’il soit un réalisateur, partant de ce principe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *